L’une des finalités d’un Définitoire extraordinaire
( tout comme celle d’un Conseil
plénier ou d’une Assemblée provinciale), c’est d’offrir,
comme élément de promotion de l’unité et au service de
celle-ci, une communication sur l’état de l’Ordre. Certes,
nous savons qu’il est impossible de donner une idée
exhaustive de l’état del’Ordre en sa totalité, à la
différence de ce que vous pouvez faire à travers vos
communications et relations, dans un Chapitre
provincial par exemple. Aussi nous limiterons-nous à une
vision appliquée à certains points spécialement
importants pour l’ensemble, et considérés selon le point de
vue du gouvernement général; ceci laissant supposer que
d’autres réalités sérieuses sont connues de tous.
1. Statistiques 2004
a) Où l’on grandit, où l’on recommence (régions)
En Asie et en Océanie, c’est assez général. De façon plus
frappante en Inde, mais aussi, bien que de façon plus
modeste, en Corée, en Indonésie, et dernièrement aux
Philippines.
En Afrique, la progression n’est pas massive, mais elle est
significative, se manifestant surtout dans les régions où la
mission avait commencé jadis.
En Amérique latine, on avance à peine, disons qu’on se
maintient. Notons cependant comme positive la consolidation
de certaines Provinces, non seulement en elles-mêmes, mais
aussi du point de vue statistique.
Signalons aussi notre croissance dans l’Europe de l’Est.
Outre la Pologne avec ses deux Provinces bien chevronnées,
nous observons le fait encourageant d’une avance encore
lente en Bielo-Russie, en Ukraine, en République tchèque,
ainsi qu’en Slovaquie, Roumanie et Bulgarie.
b) Où l’on diminue
C’est en Europe occidentale et centrale. L’Europe
représente toujours le groupe le plus nombreux, et même avec
une différence marquée. Et pourtant il décroît
continuellement, vu la disproportion entre les vocations
anciennes et les actuelles. Un fait significatif, c’est
qu’entre 2002 et 2003, la baisse a été de 100 membres. Par
bonheur, nous avons quelques Provinces qui apportent des
signes d’espérance, au point de servir d’exemple pour les
autres.
Aux Etats-Unis et au Canada, la situation se maintient,
avec une tendance à la baisse.
Le Moyen-Orient aussi se maintient; mais comme nous allons
le voir, il est très dépendant des religieux qui lui
arrivent de l’extérieur.
En général, nous pouvons dire que notre effectif total
s’est à peine maintenu au cours des dernières années, car
les apports notables de certaines régions n’arrivent pas à
dépasser clairement les pertes des autres.
2. Expansion
En matière d’expansion, nous pouvons signaler les points
suivants:
a) Promotion des vocations: Le Définitoire a
organisé, comme première réunion de sexennat, une rencontre
des promoteurs européens, compte tenu de la situation
particulière de ce continent pour ce qui touche aux
vocations.
D’autre part, le même Définitoire insiste toujours, dans ses
visites pastorales ou autres, sur une promotion pastorale
adaptée, ce qui se traduit souvent dans les déterminations
concrètes du visiteur.
b) Nouveau Statut des circonscriptions: Une fois
réalisée l’érection des deux Provinces du Brésil approuvée
en Chapitre Général, le Définitoire a érigé le Commissariat
de Délhi (Punjab) et celui d’Andhra Pradesh, ainsi que la
Délégation Générale d’Argentine; et il a doté la Délégation
Générale du Congo-Kinshasa d’un nouveau Statut.
c) Nouveaux territoires: Nous nous préparons à fonder
en Lettonie et en Lituanie, et nous pensons à faire les
premiers pas pour fonder à Myanmar, à Sri Lanka et en Chine.
Le Commissariat des Philippines assume le Vietnam comme une
mission propre; déjà il a désigné un Père pour accompagner
les vocations dans ce pays, où nous comptons actuellement
quatre Profès simples, qui se sont précisément formés aux
Philippines.
3. Animation: Communion et Formation
L’expansion de l’Ordre est un bien très apprécié, car c’est
un signe de sa raison d’être et de sa vitalité. Nous
supposons tous, en effet, que l’expansion est authentique,
lorsqu’elle entraîne un épanouissement de vie. Dans cette
perspective, nous tenons à nous mettre au service de la
communion et de la formation. Les moyens à cet effet nous
sont bien connus, mais nous pouvons les rappeler
brièvement:
a)Les visites pastorales et fraternelles viennent en
premier lieu. Il a été décidé que, dans la mesure du
possible, elles seraient réalisées durant le premier
triennat, au tout au moins dès que possible, afin de
faciliter au gouvernement général un contact postérieur
régulier avec les Provinces. D’autre part, la présidence des
Chapitres par le Général ou les Définiteurs veut favoriser
la même communion. De même que, dans différentes régions, la
présence de Secrétaire des missions et du Délégué général
OCDS doit également être un élément de communion.
b) Les réunions. Nous avons pensé que les réunions de
communion et de formation devraient être par préférence
provinciales, afin que la participation, se faisant
plus réelle, soit aussi plus vivante et surtout plus
efficace. Nous avons en vue les réunions suivantes:
- de Formation. Nous en désirons deux au cours du
sexennat, vu leur importance, et tenant en compte la
nécessité d’une continuité et d’un approfondissement de leur
thématique concrète. La première est en cours de
réalisation; déjà faite en Europe, Afrique francophone et
Inde, elle aura lieu prochainement en Amérique latine, et
plus tard en Asie Orientale.
- de Maisons d’éditions. Dans le cadre et le désir de
la collaboration, nous voulons cette réunion des Maisons
d’éditions de l’Ordre entier. Elle est en préparation, et
devrait avoir lieu en 2006.
- d’Oraison et Liturgie, comme partie intégrante de
la formation permanente, comme mémoire et revitalisation de
notre propre vie spirituelle. La préparation en est amorcée.
Le projet devrait pouvoir se réaliser par régions en 2007.
- des Animateurs de missions pour l’Europe. Cette
réunion aussi est en préparation, afin de pouvoir se tenir
en janvier 2007. On pense également à une réunion
missionnaire pour les circonscriptions de l’Inde et de
l’Asie Orientale.
- des Historiens de l’Ordre, ce qui nous
permettra de connaître l’état de notre historiogaphie, puis
d’animer et coordonner l’investigation et les publications.
La rencontre sera mondiale, et pourrait être prévue pour le
courant del’année 2007.
Tout en prenant conscience de certaines difficultés, nous
souhaiterions que cette question soit abordée franchement,
au cours du présent Définitoire, et que chaque Province y
prenne intéret. Du point de vue de l’Ordre en effet, au lieu
d’envoyer des religieux au secours d’un diocèse, même sur
accord préalable, ne serait-il pas préférable de le faire
pour une Province de l’Ordre, quand la chose est possible ?
Et ce doit être possible, soit que les personnes concernées
soient intégrées aux communautés de leur Province d’accueil,
soit qu’elles assument une maison entière sous la
responsabilité de la Province, étant bien entendu que la
nouvelle communauté, venue pour servir, doit appartenir à la
Province propriétaire de la maison.
Et rappelons que, conformément à ce qui est ordonné par le
Chapitre Général (n°
117) au sujet des communautés ou des personnes au service
d’un diocèse situé sur le territoire d’autres
circonscriptions del’Ordre, le Définitoire a émis un décret,
lors de sa session 45, du 16 septembre 2004. Nous y
réaffirmons que le critère de base pour la délimitation des
Provinces est territorial, selon notre législation et notre
tradition. Mais que toute délimitation acquise n’est ni
absolue ni éternelle, puisqu’elle est au service de
l’expansion de l’Ordre et de sa pastorale. Par conséquent,
une fondation est toujours possible sur le territoire d’une
autre Province, à condition d’un accord mutuel entre les
Provinces concernées et avec l’approbation du Définitoire.
Le même principe est valable pour la présence d’une
communauté religieuse sur le territoire d’une autre
Province, même quand il n’y a pas de fondation canonique.
D’autre part, quand un religieux est appelé à demeurer, pour
des raisons légitimes, dans le territoire d’une autre
Province, il doit communiquer le fait au Provincial de
celle-ci.
Cette norme claire et précise doit apporter de la clarté
dans nos relations. D’autant plus que, dans sa
conception, elle reste orientée vers l’expansion de l’Ordre
et les nécessités pastorales. Mais le fait est qu’elle
suppose une culture du dialogue et de la collaboration, si
l’on tient à favoriser l’harmonie et la
vitalité, et par conséquent l’efficacité.
En relation avec celui de la collaboration, nous avons le
problème de la restructuration. A partir du Définitoire, on
a tenté ce qui peut s’appeler une sorte de restructuration
pour le cas de l’Argentine, du fait que la constitution
d’une Délégation Générale a été décidée avant tout pour
regrouper les forces des deux Délégations, dans un projet
unique pour l’avenir du Carmel argentin.
Par ailleurs on perçoit. à
travers le dialogue dans les Provinces, que la
restructuration est surtout viable au niveau de
l’engagement, dans la formation par exemple. Mais la
restructuration des autres réalités juridiques pourrait
souvent être un effet de cet effort, sans exclure les
décisions à prendre pour une restructuration plus directe
(Document d’Avila 2003, n°116-118).
5. Culture
Pour ce qui concerne la promotion de la culture, nous
pouvons relever les points suivants:
Dans les visites, nous encourageons toujours les études
spécialisées, suivant les possibilités concrètes des
circonscriptions, malheureusement nécessiteuses de
personnel, dans bien des cas.
De concert avec la Faculté du Teresianum, le
Définitoire s’efforce de renouveler le corps professoral et
le personnel nécessaire à la Maison.
L’engagement du Définitoire au sujet d’Avila, où se
poursuit la construction du nouvel édifice, mais où l’on
étudie également des projets pour différents services,
constitue une partie de la promotion de la culture, en même
temps qu’une nouvelle opportunité de rénovation
spirituelle.
Le Seminarium missionum: Récemment, le Définitoire a
décidé de ne plus le mettre en location, mais de l’utiliser
pour un service plus direct de l’Ordre, comme nous le
verrons tout à l’heure. Or cette décision a été prise sur la
base de certains critères touchant à la communion de l’Ordre
et à la promotion de la culture.
L’Institut historique de l’Ordre (Doct d’Avila 2003,
122). Nous avons reconnu la nécessité de former des jeunes
spécialistes qui s’inscrivent à cet Institut. On a cherché
dans trois Provinces; un candidat est même venu à Rome, mais
la santé lui a manqué. La résolution reste cependant
ferme, comme le savent tous les Provinciaux concernés.
Au Nairobi, au Tangaza College, que fréquentent nos
étudiants de la zône anglophone, le Définitoire a accepté de
prendre sous sa direction l’Institute of Spirituality and
Religious Formation. Ceci comprend pour nous la direction du
Centre et une certaine aide économique dans la mesure du
nécessaire.
En Inde, outre un certain nombre de Centres et
Instituts de spiritualité, il existe un Centre d’étude de
théologie, le “Jyothir Bhavan”, à Kalamassery,
Province de Manjummel, tout près duquel nous avons également
un “Carmelite Study Center for Asia”.
Dans la Délégation Générale de la République du Congo, à
Bukabu, le Centre d’études inter-congrégations pour la
philosophie a son siège dans notre maison où il est dirigé
par nos Frères.
Il nous est bon de souligner ces éléments relativement
nouveaux, mais d’une certaine importance. On pourrait
ajouter ici la publication de certaines revues de niveau
élevé, le nombre appréciable des religieux qui entreprennent
des études spécialisées, et parmi lesquels certains
s’adonnent à l’enseignement dans diverses facultés, ainsi
qu’à la production théologique.
6. Les régions de l’Ordre
Les Définiteurs vous feront un exposé au sujet de leurs
zônes régionales respectives. Il me semble cependant
convenable de vous rappeler ce qui suit:
a) Il est une portion importante de l’Ordre où la pastorale
des vocations se fait spécialement nécessaire, c’est
l’Europe en général et l’Amérique du nord (Etats-Unis et
Canada). Nous avons besoin d’un nouvel enthousiasme, sobre
peut-être mais réaliste, donc d’affirmer notre foi en notre
vocation, en la vivant simplement et authentiquement, en la
faisant connaître surtout à travers notre style de vie
personnelle et de vie commune.
b) Il est des zônes importantes de l’Ordre où le
discernement des vocatioins et leur accompagnement
personnalisé sont particulièrement nécessaires, ceci
exigeant une pénétration dans la culture et la mentalité des
peuples.
c) Ilest encourageant de pouvoir noter un réveil de
l’Ordre dans les pays de l’Europe de l’Est qui ont souffert
de grands bouleversements au siècle dernier et se sont
trouvés longtemps sous régime communiste. Notre présence y
est encore fragile, pour des raisons compréhensibles, si
bien qu’elle mérite notre attention et notre affection.
d) D’une manière semblable, dans leur ambiance d’insécurité
face à l’avenir, les pays qui s’ouvrent aujourd’hui à
l’Ordre, comme le Vietnam, Myanmar, la Thaïlande,
l’Indochine et la Chine elle-même, constituent pour nous un
défi et une espérance. Ils donnent tous l’impression d’être
pour nous des terres prometteuses.
e)
Le Moyen-Orient, lui, premier territoire de mission pour le
Carmel thérésien depuis les débuts du XVIIè siècle, navigue
entre l’inquiétude et l’espérance. Le Kowait est et restera
une terre de mission: non en ce sens qu’on s’y adresse à des
gens étrangers à la foi, puisque l’Eglise y touche surtout
des chrétiens émigrés, mais du fait que l’Ordre ne peut
prétendre s’y implanter vraiment, il ne peut que servir un
peuple de Dieu dispersé. C’est dans cette mission qu’a été
ordonné, le 2 septembre dernier, le nouvel évêque, Mgr
Camille Ballin, de la Congrégation Comboyenne, mais sans
qu’il soit dérogé au “jus commissionis”, c’est-à-dire à la
mission officiellement confiée à l’Ordre par Pie XII, voici
50 ans. Si bien que les missionnaires présent là-bas restent
décidés, ainsi que nous-mêmes, à poursuivre la tâche, par
amour pour la communauté chétienne des émigrants, qui ont
contribué eux- mêmes à former nos missionnaires et savent
toujours les accompagner d’une collaboration toute
cordiale.
Le Liban est une semi-Province qui se consolide peu à peu,
au point de pouvoir venir elle-même en aide, bien qu’avec
des moyens réduits, à l’ensemble du Moyen-Orient. Quant à la
Terre-Sainte, elle est toujours dépendante des religieux qui
lui viennent des différents pays du monde. Deux points qui
commencent à donner en ce moment des signes d’espérance, ce
sont l’Egypte et l’Irak. En Egypte, nous avons des vocations
dans les vieilles chrétientés; en Irak, nous avons un groupe
de cinq postulants qui vivent avec la petite
communauté formée de trois Frères. Il est de notre devoir de
protéger et appuyer ces vocations prometteuses. En ce qui
concerne l’Egypte, où nous sommes bien enracinés au
sanctuaire très populaire de Ste Thérèse de Lisieux, centre
de dévotion oecuménique et d’oeuvres sociales, nous avons le
projet d’installer, dans un second couvent, une communauté
de formateurs capables d’accueillir les possibles
vocations.
7. Entités dépendantes du Définitoire
Depuis 2004, la communauté permanente du Teresianum abrite
les Pères étudiants qui suivent les cours de spiritualité,
ou qui travaillent à l’élaboration d’une thèse.
La Faculté du Teresianum (Doct d’Avila 2003, 119).
J’y ai fait allusion tout à l’heure. Et nous aurons plus
tard une communication du président de la Faculté. Mais il
n’est pas inutile de rappeler que la totalité du Teresianum
est un bien de l’Ordre pour tout l’Ordre: ce que nous y
investissons en personnel et en économie est donc employé
justement pour l’Ordre.
Le Collège international. Entre la fin de la
dernière année universitaire et celle qui commence en ce
moment à Rome, nous avons opéré quelques changements dans
l’équipe de formation, mais pour des raisons bien externes,
car il faut reconnaître que la formation et l’ambiance
étaient très satisfaisantes. Les relations du Collège avec
la communauté permanente du Teresianum sont excellentes.
La Scala. Elle vit très normalement. Le gouvernement
général entretient des relations régulières avec la
direction et les étudiants; et il a réélaboré les
Statuts, dans sa volonté de rester proche de cette
institution de l’Ordre.
Mais il faut rappeler constamment que les jeunes
Pères envoyés à cette maison doivent consentir à s’intégrer
à une communauté carmélitaine de vie, internationale il est
vrai, mais dont la finalité indubitable est, tout en
se consacrant à l’étude, de vivre notre vie et de créer la
communion entre les Provinces de l’Ordre.
Ajoutons que nous attendons, en ce cas comme en certains
autres semblables, une vraie transparence économique entre
les supérieurs de maison et le gouvernement central,en
ce qui concerne les bourses et les aides de toute sorte.
Le Seminarium missionum. Chacun sait que le
Définitoire précédent, mis en face au fait que les
étudiants ne trouvaient plus suffisamment de place au
couvent de La Scala et dans les autres communautés de la
ville, en même temps qu’affronté à une pression économique
pénible, prit la décision de convertir notre Séminaire des
missions en un hôtel. Quant à nous, après avoir examiné à
nouveau la sitatuation lors de notre session 35 du 19 mai
2004, nous avons reconfirmé la même décision, et pour les
mêmes motifs. Cependant, dans notre session de mai de la
présente année 2005, comme l’expérience nous montre que les
difficultés surgissent chaque année pour héberger
commodément nos étudiants, et comme l’espoir d’une
amélioration de la situation économique semble percer, il
nous a semblé que nous ne pouvons plus renoncer pour 18 ans
à ce bien immeuble destiné de par lui-même à assurer à
l’Ordre un espace culturel et formateur. Mais la raison
décisive, c’est notre désir de favoriser la communion de
l’Ordre; et nous savons que la vie commune des jeunes en
voie de spécialisation est un moyen estimable à cet effet.
Et puisque nous voulons tous promouvoir la culture dans
l’Ordre, il nous intéresse de pouvoir offrir de
réelles facilités aux Provinces. La décision demeure risquée
du point de vue économique, c’est entendu; mais elle a été
mûrie à la faveur de ces motifs, et dans la confiance de
voir l’Ordre répondre avec générosité à cette option
responsable assumée pour le bien de notre famille.
Je laisse aux communications particulières le soin
d’apporter des informations plus détaillées sur la
Délégation Israël-Egypte (projet Stella-Maris, Jérusalem,
Commission économique et d’accompagnement, vente du terrain
de Jérusalem pour en acheter un autre), ainsi que sur Avila.
8. Lisieux et Fatima
Lisieux a vu, en mai 2005, la réinauguration du couvent des
Frères, appartenant à la Province de Paris, mais envers
lequel le Définitoire se sent particulièrement responsable,
étant donnée l’importance ecclésiale du lieu. Aussi
exhorte-t-il les Provinces à se montrer disponibles
pour une collaboration, et tout spécialement la Province d’Avignon-Aquitaine,
pour des raisons faciles à saisir.
La finalité de la fondation est pastorale. En accord avec
le caractère des lieux, elle voudrait y assurer la présence
d’une spiritualité, en même temps qu’une participation à la
pastorale d’ensemble du sanctuaire et du diocèse.
On compte aussi sur elle pour promouvoir des rencontres
d’étude autour de Ste Thérèse de l’E.J, souhaitant que la
maison puisse devenir un lieu d’accueil pour des chercheurs
éventuels.
A Fatima, la Province du Portugal envisage la construction
d’une nouvelle maison,dans
l’intention d’une collaboration à la pastorale mariale
autour du sanctuaire, particulièrement la pastorale des
jeunes. Ce pourrait même devenir un lieu d’accueil pour des
réunions théologiques, mariales ou autres. Bien que la
disponibilité de cette maison en projet soit encore
lointaine, nous pouvons dès maintenant en parler, vu le sens
qu’elle peut avoir pour l’Ordre dans l’avenir.
Et de même qu’à propos de Lisieux, il serait à souhaiter que
là aussi puisse s’établir une communauté
internationale qui, tout en étant une communauté priante et
fraternelle, puisse offrir aux pélerins son service
pastorale en différentes langues.
8. Les centenaires
Elisabeth de la Trinité
Le
centenaire consacré à la Bse Elisabeth de le Trinité se
célébrera du 11 juin 2006, fête de la T.S.Trinité, au 3 juin
2007, jour de la même solennité liturgique. Il s’ouvrira par
une Messe solennelle présidée par l’évêque de Dijon, ville
où Elisabeth passa sa jeunesse.
En France, on prépare des colloques, conférences,
célébrations religieuses et culturelles, tant au niveau
général qu’à l’échelle locale.
Les Concordances d’Elisabeth attendent leur publication, de
même qu’une biographie préparée par le P. Conrad de Meester
pour 2006, et certains autres textes.
Mais chaque pays, province et communauté se trouve invitè à
prévoir sa célébration en fonction des circonstances, et
surtout dans le but de diffuser et faire assimiler
l’expérience et la doctrine
spirituelles
de la Bienheureuse.
Plusieurs initiatives éditoriales se prennent en Espagne. A
Rome, la semaine de spiritualité 2006 du Teresianum sera
consacrée à Elisabeth. Tandis qu’à l’église Ste Thérèse de
la Maison Généralice nous aurons des célébrations
d’ouverture et de clôture.
Sachons aussi qu’il existe film, video et DVD, en
français, italien et anglais, préparés par Antonio Sangalli
et quelques collaborateurs.
La Règle primitive
Nous avons accueilli la proposition du Définitoire de l’O.Carm,
de célébrer en 2007 le huitième centenaire de la Règle
de St Albert, bien que nous ayons célébré assez récemment le
750è anniversaire de la Règle innocentienne. Reconnaissons
que la date retenue convient bien, même si nous ignorons
l’année exacte de rédaction de la Règle primitive. Il est
convenu de publier une lettre de caractère vital, spirituel
et pédagogique, signée des deux P.Généraux, et de demander
un message au Pape. D’autre part, nous aurons à Rome, dans
les églises de nos deux Ordres, des célébrations
liturgiques, avec participation des deux Définitoires.
En Amérique latine, la commission conjointe de l’O.Carm.
et de l’OCD.
a déjà prévu la célébration d’un Congrès qui devrait
se tenir à Mexico en octobre 2006, pour étudier divers
aspects de la Règle.
9. Les Carmélites Déchaussées
Au point de vue expansion, on peut généralement dire la
même chose que pour les Frères. Il y a une zône de
diminution (Europe, Etats-Unis, Canada, voisinant avec des
régions où les situations se maintiennent ou se réveillent,
comme l’Europe de l’Est), et des zônes d’expansion générale:
Asie, Amérique latine, Afrique. On pourra le constater avec
exactitude dans les statistiques qui sont actuellement en
préparation.
Dans la correspondance, et plus encore dans les visites, on
sent exprimer de toutes parts un vif sentiment de famille et
de fraternité, une affirmation de communion avec l’Ordre.
Les styles de vie sont nécessairement différents, tant les
communautés sont nombreuses et diversifiées dans leurs
cultures. Et cependant la fidélité au patrimoine commun se
révèle dans l’amour du Carmel, de sa spiritualité, de son
style de vie dans l’Eglise, et la conscience de sa valeur
pour le monde actuel.
Un problème reste toujours préoccupant: c’est la tâche
ardue de la formation tant initiale que permanente, vu la
variété des continents, la difficulté des distances, la
carence des moyens qui ne sont vraiment accessibles qu’en
certains pays. Or il faut prendre au sérieux la formation.
si l’on veut que la vie contemplative ne reste jamais en
retard sur ce point, par rapport à d’autres formes de vie
religieuse, et que les paroles de “Vita Consecrata” soient
aussi pour elle: “Il faut prévoir une préparation humaine,
culturelle, spirituelle et pastorale” (65). Ceci est un
appel pour la vie contemplative aussi, car la
formation intégrale en question, celle qui est à désirer,
doit être en cohérence avec la forme de vie contemplative
qui relève d’une vocation, et au développement de
laquelle il importe de contribuer.
Lors de mes rencontres avec les communautés et les
assemblées, il m’arrive de dire sincèrement que le point de
départ de tout discernement nouveau est à chercher dans la
conscience de la propre vocation contemplative embrassée
généreusement, mais selon l’attitude théologale qui
caractérise notre spiritualité.
Nous avons tous à assumer plus pleinement les paroles de
Vita Consecrata: “Il est légitime que la femme consacrée
aspire à voir reconnaître plus clairement son identité, sa
compétence, sa mission et sa responsabilité, aussi
bien dans la conscience ecclésiale que dans la vie
quotidienne” (57). Il nous reste certainement un long chemin
à parcourir en la matière, sans oublier qu’il reste légitime
d’exprimer nos opinions quand elles nous sont demandées.
10. L’Ordre du Carmel Séculier.
Nous écouterons lecture de la communication du Délégué
Général Aloysius Deeney.
Les visites aux Provinces font bien sentir l’union de nos
membres séculiers avec l’Ordre, et leur désir de
s’approfondir dans notre spiritualité. Les rencontres avec
le visiteur ne sont pas toujours faciles, à cause des
distances ou pour d’autres circonstances; et cependant les
supérieurs des Provinces et communautés font de leur mieux
pour les rendre possibles.
Il s’agit d’une réalité multiforme, difficile à cerner.
Mais si les réalisations sont diverses, on relève en général
la nécessité d’une formation rénovée, pour que la vocation
au Carmel Séculier soit comprise comme une option de
vie, un engagement chrétien sérieux inspiré du charisme et
de la spiritualité du Carmel thérésien, tel qu’il est
possible d’en vivre dans la condition laïque. Le Délégué
Général a bien vu que, dans l’impossibilité de tout mener à
bien personnellement dans les communautés, son devoir était
d’orienter ses efforts vers la formation et l’animation des
assistants. Car la mission de ces assistants, tout comme la
nôtre à notre niveau et en collaboration avec eux, est de
promouvoir la formation et la corresponsabilité des laïcs
eux-mêmes, dans tous les éléments de leur vie carmélitaine
séculière.
11. Les relations avec l’O.Carm.
Nos relations avec nos Frères de l’O.Carm sont en grande
partie conditionnées par la diversité des circonstances
selon les régions. Je crois pouvoir affirmer sans risque
d’équivoque qu’en Amérique latine ces relations sont sans
doute plus efficaces, vu le dynamisme dont fait preuve la
Commission bilatérale pour l’organisation des initiatives et
des activités communes. Au niveau du Définitoire, nous
maintenons les relations inaugurées sous le Généralat
du P.Camilo Maccise. Nous nous retrouvons donc deux fois par
an dans l’une ou l’autre des Maisons Généralices, pour
traiter certaines questions d’intéret commun, et finalement
partager le repas.
L’un des fruits notables de notre collaboration, c’est le
dictionnaire carmélitain auquel nous travaillons depuis
plusieurs années, et qui va certainement voir le jour en
2006.
De la célébration du centenaire de la Règle primitive, j’ai
déjà parlé.
D’ailleurs j’ai bien l’impression que cette collaboration
ne gagnerait pas à être forcée. Qu’elle reste plutôt
ouverte, prête à répondre opportunément aux besoins et aux
réalités objectives.
12. Les Missions
L’Ordre est aujourd’hui plus que jamais répandu dans des
pays différents, des cultures différentes, chose qu’on
pourrait dire en toute vérité de l’Eglise comme telle. Ce
fait, qui constitue pour nous un motif d’espérance et de
joie, est un fruit de l’ouverture missionnaire. Et ce ne
sont plus seulement, comme autrefois, les Provinces
européennes, mais aussi les Provinces des Etats-Unis, de
l’Inde, et plusieurs religieux d’Afrique, qui prennent
maintenant part à la mission “ad gentes”.En Inde, nous
voyons même les premières tentatives de dialogue
interreligieux avec expérience de vie dans tel ou tel Centre
de spiritualité.
Tous nous savons à quel point la mission pénétrait l’âme de
N.M. Ste Thérèse; elle appartient donc maintenant à l’âme du
nouveau Carmel, qui renaît de son expérience du Christ, et
de l’Eglise, et de l’humanité. Ainsi la ferveur missionnaire
de l’Ordre témoigne-t-elle de sa propre ferveur intime. Par
conséquent, nos missionnaires peuvent avoir conscience
d’être une expression et une réalisation du charisme, d’être
envoyés et accompagnés par l’Ordre entier. Car l’esprit de
N.M.Ste Thérèse ne se prête à aucun repliement
isolationniste. C’est pourquoi je suis persuadé que dans la
formation, c’est-à-dire dans la transmission de notre
vocation, l’esprit missionnaire doit occuper une place plus
centrale, plus fervente. Aussi je profite de cette rencontre
de l’Ordre pour exprimer, au nom de tous, notre
reconnaissance à nos missionnaires pour leur générosité. Et
pas moins , pour sûr, à nos
Soeurs Carmélites, qui ont été si souvent des pionnières, en
fondant si courageusement des Carmels dans les territoires
de missions.
Santiago du Chili, septembre 2005
Luis Aróstegui, OCD
Préposé Général