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Ordo Carmelitarum Discalceatorum ( O.C.D. )

COMMUNICATION  DU PRÉPOSÉ GÉNÉRAL
Luis Aróstegui, OCD
, Préposé Général
 

 

   L’une des finalités d’un Définitoire extraordinaire ( tout comme celle d’un Conseil plénier ou d’une Assemblée provinciale), c’est d’offrir, comme élément de promotion de l’unité et au service de celle-ci, une communication sur l’état de l’Ordre. Certes, nous savons qu’il est impossible de donner une idée exhaustive de l’état del’Ordre en sa totalité, à la différence de ce que vous pouvez faire à travers vos communications et  relations, dans un Chapitre provincial par exemple. Aussi nous limiterons-nous à une vision appliquée à certains points  spécialement importants pour l’ensemble, et considérés selon le point de vue du gouvernement général; ceci laissant supposer que d’autres réalités sérieuses sont connues de tous. 

1. Statistiques 2004 

a) Où l’on grandit, où l’on recommence (régions)

 En Asie et en Océanie, c’est assez général. De façon plus frappante en Inde, mais aussi, bien que de façon plus modeste, en Corée, en Indonésie, et dernièrement aux Philippines.

 En Afrique, la progression n’est pas massive, mais elle est significative, se manifestant surtout dans les régions où la mission avait commencé jadis.

 En Amérique latine, on avance à peine, disons qu’on se maintient. Notons cependant comme positive la consolidation de certaines Provinces, non seulement en elles-mêmes, mais aussi du point de vue statistique.

 Signalons aussi notre croissance dans l’Europe de l’Est. Outre la Pologne avec ses deux Provinces bien chevronnées, nous observons le fait encourageant d’une avance encore lente en Bielo-Russie, en Ukraine, en République tchèque, ainsi qu’en Slovaquie, Roumanie et Bulgarie. 

b) Où l’on diminue

 C’est en Europe occidentale et centrale. L’Europe représente toujours le groupe le plus nombreux, et même avec une différence marquée. Et pourtant il décroît continuellement, vu la disproportion entre les vocations anciennes et les actuelles. Un fait significatif, c’est qu’entre 2002 et 2003, la baisse a été de 100 membres. Par bonheur, nous avons quelques Provinces qui apportent des signes d’espérance, au point de servir d’exemple pour les autres.

 Aux Etats-Unis et au Canada, la situation se maintient, avec une tendance à la baisse.

 Le Moyen-Orient aussi se maintient; mais comme nous allons le voir, il est très dépendant des religieux qui lui arrivent de l’extérieur. 

 En général, nous pouvons dire que notre effectif total s’est à peine maintenu au cours des dernières années, car les apports notables de certaines régions n’arrivent pas à dépasser clairement les pertes des autres. 

2. Expansion 

 En matière d’expansion, nous pouvons signaler les points suivants: 

a) Promotion des vocations: Le Définitoire a organisé, comme première réunion de sexennat, une rencontre des promoteurs européens, compte tenu de la situation particulière de ce continent pour ce qui touche aux vocations. 

D’autre part, le même Définitoire insiste toujours, dans ses visites pastorales ou autres, sur une promotion pastorale adaptée, ce qui se traduit souvent dans les déterminations concrètes du visiteur. 

b) Nouveau Statut des circonscriptions: Une fois  réalisée l’érection des deux Provinces du Brésil approuvée en Chapitre Général, le Définitoire a érigé le Commissariat de Délhi (Punjab) et celui d’Andhra Pradesh, ainsi que la Délégation Générale d’Argentine; et il a doté la Délégation Générale du Congo-Kinshasa d’un nouveau Statut. 

c) Nouveaux territoires: Nous nous préparons à fonder en Lettonie et en Lituanie, et nous pensons à faire les premiers pas pour fonder à Myanmar, à Sri Lanka et en Chine. Le Commissariat des Philippines assume le Vietnam comme une mission propre; déjà il a désigné un Père pour accompagner les vocations dans ce pays, où nous comptons actuellement quatre Profès simples, qui se sont précisément formés aux Philippines. 

3. Animation: Communion et Formation 

L’expansion de l’Ordre est un bien très apprécié, car c’est un signe de sa raison d’être et de sa vitalité. Nous supposons tous, en effet, que l’expansion est authentique, lorsqu’elle entraîne un épanouissement de vie. Dans cette perspective, nous tenons à nous mettre au service de la communion et de la formation. Les moyens à cet effet nous sont bien connus, mais nous pouvons les rappeler brièvement: 

a)Les visites pastorales et fraternelles viennent en premier lieu. Il a été décidé que, dans la mesure du possible, elles seraient réalisées durant le premier triennat, au tout au moins dès que possible, afin de faciliter au gouvernement général un contact postérieur régulier avec les Provinces. D’autre part, la présidence des Chapitres par le Général ou les Définiteurs veut favoriser la même communion. De même que, dans différentes régions, la présence de Secrétaire des missions et du Délégué général OCDS doit également être un élément de communion. 

b) Les réunions. Nous avons pensé que les réunions de communion et de formation devraient être par préférence provinciales, afin que la participation,  se faisant plus réelle, soit aussi plus vivante et surtout plus efficace. Nous avons en vue les réunions suivantes: 

- de Formation. Nous en désirons deux au cours du sexennat, vu leur importance, et tenant en compte la nécessité d’une continuité et d’un approfondissement de leur thématique concrète. La première est en cours de réalisation; déjà faite en Europe, Afrique francophone et Inde, elle aura lieu prochainement en Amérique latine, et plus tard en Asie Orientale.

- de Maisons d’éditions. Dans le cadre et le désir de la collaboration, nous voulons cette réunion des Maisons d’éditions de l’Ordre entier. Elle est en préparation, et devrait avoir lieu en 2006.

- d’Oraison et Liturgie, comme partie intégrante de la formation permanente, comme mémoire et revitalisation de notre propre vie spirituelle. La préparation en est amorcée. Le projet devrait pouvoir se réaliser par régions en 2007.

- des Animateurs de missions pour l’Europe. Cette réunion aussi est en préparation, afin de pouvoir se tenir en janvier 2007. On pense également à une réunion missionnaire pour les circonscriptions de l’Inde et de l’Asie Orientale.

- des Historiens  de l’Ordre, ce qui nous permettra de connaître l’état de notre historiogaphie, puis d’animer et coordonner l’investigation et les publications. La rencontre sera mondiale, et pourrait être prévue pour le courant del’année 2007.

- des Revues et autres moyens de communication. Ici le projet reste beaucoup moins concrétisé; il dépendra des réponses et de l’intéret manifesté par les intéressés. 

4. Collaboration

 Naturellement, la collaboration, c’est la continuation de ce qu’on a déjà commencé à faire ensemble. En ce sens, il est encourageant de fixer les yeux sur quelques faits encourageants et susceptibles de stimuler notre imagination. 

 En Asie Orientale, les circonscriptions ont des réunions régulières pour leur organisation commune. Dans le concret, les Philippines s’offrent comme Centre de formation théologique pour toute l’Asie orientale. 

En Inde, on organise aussi des réunions communes pour l’étude et la formation; à quoi s’ajoutent des réunions d’étudiants entre eux, selon le désir exprimé par eux-mêmes, à l’occasion de deux visites pastorales. 

En Amérique latine, outre la collaboration de toutes les régions pour les congrès et les réunions,  un bel exemple de collaboration, c’est celui de la Colombie avec le Pérou et maintenant avec l’Argentine, là où collaboraient déjà auparavant des Argentins, des Espagnols et des Polonais. D’autre part, le Mexique et la Colombie ont envoyé des jeunes pour un futur service en Terre-Sainte et Egypte. 

 En Europe, les deux Provinces polonaises collaborent, depuis leur séparation, en Ukraine et Biélo-Russie, et maintenant en Sibérie. Nous avons des religieux polonais en Allemagne; et Cracovie aide aussi en Hongrie.

 En Italie, le Centre inter-provincial de Morena (Rome) a une importante maison d’éditions. On travaille aussi à la promotion d’un Centre interprovincial pour les vocations; les travaux sont en cours. 

En Afrique, notons la collaboration en région anglophone, plus spécialement au sujet de la Maison de théologie de Nairobi. En Afrique francophone également, un projet de collaboration est à l’étude, avec la participation de tous les intéressés...Tandis que le Congo prend part, de même que la Province de Malabar, à la mission de la République centre-africaine. Le même Congo aide aussi en Terre-Sainte, à travers un religieux.  Tous ces secours sont précieux; à tel point que, sans eux, plusieurs fondations ne pourraient subsister, comme c’est la cas en Terre-Sainte et au Kowait, et en certaines autres régions qui ont souffert dans le passé ou qui souffrent encore. Un autre sercice, c’est l’accueil d’étudiants dans certaines Provinces pour leur permettre d’apprendre les langues. Mais ici, j’insiste particulièrement sur tous  les projets qui sollicitent une coopération mutuelle, avec promesse de persévérance pour l’avenir.

 En ce sens, il faudrait pouvoir compter sur une forte collaboration entre les Provinces florissantes (surtout les plus nouvelles ) et les Provinces en crise de vocations, pour ne pas risquer de perdre des présences significatives, ou même notre patrimoine. La Province de Lombardie, par exemple, a fait des démarches pour convenir une aide spéciale à Karnataka-Goa et à Madagascar, et  réalisé un timide effort pour l’accueil de jeunes Pères étudiants, dans l’espoir que l’aide soit mutuelle.

 Tout en prenant conscience de certaines difficultés, nous souhaiterions que cette question soit abordée franchement, au cours du présent Définitoire, et que chaque Province y prenne intéret. Du point de vue de l’Ordre en effet, au lieu d’envoyer des religieux au secours d’un diocèse, même sur accord préalable, ne serait-il pas préférable de le faire pour une Province de l’Ordre, quand la chose est possible ?  Et ce doit être possible, soit que les personnes concernées soient intégrées aux communautés de leur Province d’accueil, soit qu’elles assument une maison entière sous la  responsabilité de la Province, étant bien entendu que la nouvelle communauté, venue pour servir, doit appartenir à la Province propriétaire de la maison. 

  Et rappelons que, conformément à ce qui est ordonné par le Chapitre Général (n° 117) au sujet des communautés ou des personnes au service d’un diocèse situé sur le territoire d’autres circonscriptions del’Ordre, le Définitoire a émis un décret, lors de sa session 45, du 16 septembre 2004. Nous y réaffirmons que le critère de base pour la délimitation des Provinces est territorial, selon notre législation et notre tradition. Mais que toute délimitation acquise n’est ni absolue ni éternelle, puisqu’elle est au service de l’expansion de l’Ordre et de sa pastorale. Par conséquent, une fondation est toujours possible sur le territoire d’une autre Province, à condition d’un accord mutuel entre les Provinces concernées et avec l’approbation du Définitoire.

 Le même principe est valable pour la présence d’une communauté religieuse sur le territoire d’une autre Province, même quand il n’y a pas de fondation canonique. D’autre part, quand un religieux est appelé à demeurer, pour des raisons légitimes, dans le territoire d’une autre Province, il doit communiquer le fait au Provincial de celle-ci.

 Cette norme claire et précise doit apporter de la clarté dans nos  relations. D’autant plus que, dans sa conception, elle reste orientée vers l’expansion de l’Ordre et les nécessités pastorales. Mais le fait est qu’elle suppose une culture du dialogue et de la collaboration, si l’on  tient à  favoriser l’harmonie et la vitalité, et par conséquent l’efficacité. 

  En relation avec celui de la collaboration, nous avons le problème de la restructuration. A partir du Définitoire, on a tenté ce qui peut s’appeler une sorte de restructuration pour le cas de l’Argentine, du fait que la constitution d’une Délégation Générale a été décidée avant tout pour regrouper les forces des deux Délégations, dans un projet unique pour l’avenir du Carmel argentin.

 Par ailleurs on perçoit. à travers le dialogue dans les Provinces, que la restructuration est surtout viable au niveau de l’engagement, dans la formation par exemple. Mais la  restructuration des autres réalités juridiques pourrait souvent être un effet de cet effort, sans exclure les décisions à prendre pour une restructuration plus directe (Document d’Avila 2003, n°116-118). 

5. Culture

 Pour ce qui concerne la promotion de la culture, nous pouvons relever les points suivants:

 Dans les visites, nous encourageons toujours les études spécialisées, suivant les possibilités concrètes des circonscriptions, malheureusement  nécessiteuses de personnel, dans bien des cas.

 De concert avec la Faculté du Teresianum, le Définitoire s’efforce de renouveler le corps professoral et le personnel nécessaire à la Maison.

 L’engagement du Définitoire au sujet d’Avila, où se poursuit la construction du nouvel édifice, mais où l’on étudie également des projets pour différents services, constitue une partie de la promotion de la culture, en même temps qu’une nouvelle opportunité de rénovation spirituelle. 

 Le Seminarium missionum: Récemment, le Définitoire a décidé de ne plus le mettre en location, mais de l’utiliser pour un service plus direct de l’Ordre, comme nous le verrons tout à l’heure. Or cette décision a été prise sur la base de certains critères touchant à la communion de l’Ordre et à la promotion de la culture.  

 L’Institut historique de l’Ordre (Doct d’Avila 2003, 122). Nous avons reconnu la nécessité de former des jeunes spécialistes qui s’inscrivent à cet Institut. On a cherché dans trois Provinces; un candidat est même venu à Rome, mais la santé lui a manqué. La  résolution reste cependant ferme, comme le savent tous les Provinciaux concernés. 

Au Nairobi, au Tangaza College, que fréquentent nos étudiants de la zône anglophone, le Définitoire a accepté de prendre sous sa direction l’Institute of Spirituality and Religious Formation. Ceci comprend pour nous la direction du Centre et une certaine aide économique dans la mesure du nécessaire. 

En Inde, outre un certain nombre de Centres et  Instituts de spiritualité, il existe un Centre d’étude de théologie, le “Jyothir Bhavan”, à Kalamassery, Province de Manjummel, tout près duquel nous avons également un “Carmelite Study Center for Asia”. 

Dans la Délégation Générale de la République du Congo, à Bukabu, le Centre d’études inter-congrégations pour la philosophie a son siège dans notre maison où il est dirigé par nos Frères. 

 Il nous est bon de souligner ces éléments relativement nouveaux, mais d’une certaine importance. On pourrait ajouter ici la publication de certaines revues de niveau élevé, le nombre appréciable des religieux qui entreprennent des études spécialisées, et parmi lesquels certains s’adonnent à l’enseignement dans diverses facultés, ainsi qu’à la production théologique. 

6. Les régions de l’Ordre 

  Les Définiteurs vous feront un exposé au sujet de leurs zônes régionales respectives. Il me semble cependant convenable de vous rappeler ce qui suit: 

a) Il est une portion importante de l’Ordre où la pastorale des vocations se fait spécialement nécessaire, c’est  l’Europe en général et l’Amérique du nord (Etats-Unis et Canada). Nous avons besoin d’un nouvel enthousiasme, sobre peut-être mais réaliste, donc d’affirmer notre foi en notre vocation, en la vivant simplement et authentiquement, en la faisant connaître surtout à travers notre style de vie personnelle et de vie commune. 

b) Il est des zônes importantes de l’Ordre où le discernement des vocatioins et leur accompagnement personnalisé sont particulièrement nécessaires, ceci exigeant une pénétration dans la culture et la mentalité des peuples. 

c)  Ilest encourageant de pouvoir noter un réveil de l’Ordre dans les pays de l’Europe de l’Est qui ont souffert de grands bouleversements au siècle dernier et se sont trouvés longtemps sous régime communiste. Notre présence y est encore fragile, pour des raisons compréhensibles, si bien qu’elle mérite notre attention et notre affection. 

d) D’une manière semblable, dans leur ambiance d’insécurité face à l’avenir, les pays qui s’ouvrent aujourd’hui à l’Ordre, comme le Vietnam, Myanmar, la Thaïlande, l’Indochine et la Chine elle-même, constituent pour nous un défi et une espérance. Ils donnent tous l’impression d’être pour nous des terres prometteuses. 

e) Le Moyen-Orient, lui, premier territoire de mission pour le Carmel thérésien depuis les débuts du XVIIè siècle, navigue entre l’inquiétude et l’espérance. Le Kowait est et restera une terre de mission: non en ce sens qu’on s’y adresse à des gens étrangers à la foi, puisque l’Eglise y touche surtout des chrétiens émigrés, mais du fait que l’Ordre ne peut prétendre s’y implanter vraiment, il ne peut que servir un peuple de Dieu dispersé. C’est dans cette mission qu’a été ordonné, le 2 septembre dernier, le nouvel évêque, Mgr Camille Ballin, de la Congrégation Comboyenne, mais sans qu’il soit dérogé au “jus commissionis”, c’est-à-dire à la mission officiellement confiée à l’Ordre par Pie XII, voici 50 ans. Si bien que les missionnaires présent là-bas restent décidés, ainsi que nous-mêmes, à poursuivre la tâche, par amour pour la communauté chétienne des émigrants, qui ont contribué eux- mêmes à former nos missionnaires et savent toujours les accompagner d’une collaboration toute cordiale. 

 Le Liban est une semi-Province qui se consolide peu à peu, au point de pouvoir venir elle-même en aide, bien qu’avec des moyens réduits, à l’ensemble du Moyen-Orient. Quant à la Terre-Sainte, elle est toujours dépendante des religieux qui lui viennent des différents pays du monde. Deux points qui commencent à donner en ce moment des signes d’espérance, ce sont l’Egypte et l’Irak. En Egypte, nous avons des vocations dans les vieilles chrétientés; en Irak, nous avons un groupe de cinq  postulants qui vivent avec la petite communauté formée de trois Frères. Il est de notre devoir de protéger et appuyer ces vocations prometteuses. En ce qui concerne l’Egypte, où nous sommes bien enracinés au sanctuaire très populaire de Ste Thérèse de Lisieux, centre de dévotion oecuménique et d’oeuvres sociales, nous avons le projet d’installer, dans un second couvent, une communauté de formateurs capables d’accueillir les possibles vocations. 

7. Entités dépendantes du Définitoire 

 Depuis 2004, la communauté permanente du Teresianum abrite les Pères étudiants qui suivent les cours de spiritualité, ou qui travaillent à l’élaboration d’une thèse. 

  La Faculté du Teresianum (Doct d’Avila 2003, 119). J’y ai fait allusion tout à l’heure. Et nous aurons plus tard une communication du président de la Faculté. Mais il n’est pas inutile de rappeler que la totalité du Teresianum est un bien de l’Ordre pour tout l’Ordre: ce que nous y investissons en personnel et en économie est donc employé justement pour l’Ordre. 

 Le Collège international. Entre la fin de la dernière année universitaire et celle qui commence en ce moment à Rome, nous avons opéré quelques changements dans l’équipe de formation, mais pour des raisons bien externes, car il faut reconnaître que la formation et l’ambiance étaient très satisfaisantes. Les relations du Collège avec la communauté permanente du Teresianum sont excellentes. 

La Scala. Elle vit très normalement. Le gouvernement général entretient des relations régulières avec la direction et les étudiants; et  il a réélaboré les Statuts, dans sa volonté de rester proche de cette institution de l’Ordre.

 Mais il  faut rappeler constamment que les jeunes Pères envoyés à cette maison doivent consentir à s’intégrer à une communauté carmélitaine de vie, internationale il est vrai, mais dont la  finalité indubitable est, tout en se consacrant à l’étude, de vivre notre vie et de créer la  communion entre les Provinces de l’Ordre.

 Ajoutons que nous attendons, en ce cas comme en certains autres semblables, une vraie transparence économique entre les supérieurs de maison et le gouvernement central,en ce qui concerne les bourses et les aides de toute sorte. 

Le Seminarium missionum. Chacun sait que le Définitoire précédent, mis en face au  fait que les étudiants ne trouvaient plus suffisamment de place au couvent de La Scala et dans les autres communautés de la ville, en même temps qu’affronté à une pression économique pénible, prit la décision de convertir notre Séminaire des missions en un hôtel. Quant à nous, après avoir examiné à nouveau la sitatuation lors de notre session 35 du 19 mai 2004, nous avons reconfirmé la même décision, et pour les mêmes motifs. Cependant, dans notre session de mai de la présente année 2005, comme l’expérience nous montre que les difficultés surgissent chaque année pour héberger commodément nos étudiants, et comme l’espoir d’une amélioration de la situation économique semble percer, il nous a semblé que nous ne pouvons plus renoncer pour 18 ans à ce bien immeuble destiné de par lui-même à assurer à l’Ordre un espace culturel et formateur. Mais la raison décisive, c’est notre désir de favoriser la communion de l’Ordre; et nous savons que la vie commune des jeunes en voie de spécialisation est un moyen estimable à cet effet.  Et puisque nous voulons tous promouvoir la culture dans l’Ordre, il nous intéresse de pouvoir offrir  de réelles facilités aux Provinces. La décision demeure risquée du point de vue économique, c’est entendu; mais elle a été mûrie à la faveur de ces motifs, et dans la confiance de voir l’Ordre répondre avec générosité à cette option responsable assumée pour le bien de notre famille. 

 Je laisse aux communications  particulières le soin d’apporter des informations plus détaillées sur la Délégation Israël-Egypte (projet Stella-Maris, Jérusalem, Commission économique et d’accompagnement, vente du terrain de Jérusalem pour en acheter un autre), ainsi que sur Avila.

8. Lisieux et Fatima

 Lisieux a vu, en mai 2005, la réinauguration du couvent des Frères, appartenant à la Province de Paris, mais envers lequel le Définitoire se sent particulièrement responsable, étant donnée l’importance ecclésiale du lieu. Aussi exhorte-t-il les Provinces à se montrer disponibles  pour une collaboration, et tout spécialement la Province d’Avignon-Aquitaine, pour des raisons faciles à saisir.

 La finalité de la fondation est pastorale. En accord avec le caractère des lieux, elle voudrait y assurer la présence d’une spiritualité, en même temps qu’une participation à la pastorale d’ensemble du sanctuaire et du diocèse.

 On compte aussi sur elle pour promouvoir des rencontres d’étude autour de Ste Thérèse de l’E.J, souhaitant que la maison puisse devenir un lieu d’accueil pour des chercheurs éventuels. 

 A Fatima, la Province du Portugal envisage la construction d’une nouvelle maison,dans l’intention d’une collaboration à la pastorale mariale autour du sanctuaire, particulièrement la pastorale des jeunes. Ce pourrait même devenir un lieu d’accueil pour des réunions théologiques, mariales ou autres. Bien que la disponibilité de cette maison en projet soit encore lointaine, nous pouvons dès maintenant en parler, vu le sens qu’elle peut avoir pour l’Ordre dans l’avenir.

  Et de même qu’à propos de Lisieux, il serait à souhaiter que là aussi  puisse s’établir une communauté internationale qui, tout en étant une communauté priante et  fraternelle, puisse offrir aux pélerins son service pastorale en différentes langues. 

8. Les centenaires 

 Elisabeth de la Trinité

 Le centenaire consacré à la Bse Elisabeth de le Trinité se célébrera du 11 juin 2006, fête de la T.S.Trinité, au 3 juin 2007, jour de la même solennité liturgique. Il s’ouvrira par une Messe solennelle présidée par l’évêque de Dijon, ville où Elisabeth passa sa jeunesse.

 En France, on prépare des colloques, conférences, célébrations religieuses et culturelles, tant au niveau général qu’à l’échelle locale.

 Les Concordances d’Elisabeth attendent leur publication, de même qu’une biographie préparée par le P. Conrad de Meester pour 2006, et certains autres textes.

 Mais chaque pays, province et communauté se trouve invitè à prévoir sa célébration en fonction des circonstances, et surtout dans le but de diffuser et faire assimiler l’expérience et la doctrine

spirituelles de la Bienheureuse.

 Plusieurs initiatives éditoriales se prennent en Espagne. A Rome, la semaine de spiritualité 2006 du Teresianum sera consacrée à Elisabeth. Tandis qu’à l’église Ste Thérèse de la Maison Généralice nous aurons des célébrations d’ouverture et de clôture.

 Sachons aussi qu’il existe  film, video et DVD, en français, italien et anglais, préparés par Antonio Sangalli et quelques collaborateurs. 

 La Règle primitive 

 Nous avons accueilli la proposition du Définitoire de l’O.Carm, de célébrer en 2007  le huitième centenaire de la Règle de St Albert, bien que nous ayons célébré assez récemment le 750è anniversaire de la Règle innocentienne. Reconnaissons que la date retenue convient bien, même si nous ignorons l’année exacte de rédaction de la Règle primitive. Il est convenu de publier une lettre de caractère vital, spirituel et pédagogique, signée des deux P.Généraux, et de demander un message au Pape. D’autre part, nous aurons à Rome, dans les églises de nos deux Ordres, des célébrations liturgiques, avec participation des deux Définitoires.

 En Amérique latine, la commission conjointe de l’O.Carm. et de l’OCD. a déjà prévu la célébration d’un Congrès qui devrait se tenir à Mexico en octobre 2006, pour étudier divers aspects de la Règle.

9. Les Carmélites Déchaussées 

 Au point de vue expansion, on peut généralement dire la même chose que pour les Frères. Il y a une zône de diminution (Europe, Etats-Unis, Canada, voisinant avec des régions où les situations se maintiennent ou se réveillent, comme l’Europe de l’Est), et des zônes d’expansion générale: Asie, Amérique latine, Afrique. On pourra le constater avec exactitude dans les statistiques qui sont actuellement en préparation.

 Dans la correspondance, et plus encore dans les visites, on sent exprimer de toutes parts un vif sentiment de famille et de fraternité, une affirmation de communion avec l’Ordre. 

 Les styles de vie sont nécessairement différents, tant les communautés sont nombreuses et diversifiées dans leurs cultures. Et cependant la fidélité au patrimoine commun se révèle dans l’amour du Carmel, de sa spiritualité, de son style de vie dans l’Eglise, et la conscience de sa valeur pour le monde actuel.

 Un problème reste toujours préoccupant: c’est la tâche ardue de la formation tant initiale que permanente, vu la variété des continents, la difficulté des distances, la carence des moyens qui ne sont vraiment accessibles qu’en certains pays. Or il faut prendre au sérieux la formation. si l’on veut que la vie contemplative ne reste jamais en retard sur ce point, par rapport à d’autres formes de vie religieuse, et que les paroles de “Vita Consecrata” soient aussi pour elle: “Il faut prévoir une préparation humaine, culturelle, spirituelle et pastorale” (65). Ceci est un appel pour la  vie contemplative aussi, car la formation intégrale en question, celle qui est à désirer, doit être en cohérence avec la forme de vie contemplative qui  relève d’une vocation, et au développement de laquelle il importe de contribuer. 

 Lors de  mes rencontres avec les communautés et les assemblées, il m’arrive de dire sincèrement que le point de départ de tout discernement nouveau est à chercher dans la conscience de la propre vocation contemplative embrassée généreusement, mais selon l’attitude théologale qui caractérise notre spiritualité. 

 Nous avons tous à assumer plus pleinement les paroles de Vita Consecrata: “Il est légitime que la femme consacrée aspire à voir reconnaître plus clairement son identité, sa compétence, sa mission et sa  responsabilité, aussi bien dans la conscience ecclésiale que dans la vie quotidienne” (57). Il nous reste certainement un long chemin à parcourir en la matière, sans oublier qu’il reste légitime d’exprimer nos opinions quand elles nous sont demandées.

10. L’Ordre du Carmel Séculier. 

 Nous écouterons lecture de la communication du Délégué Général Aloysius Deeney.

 Les visites aux Provinces font bien sentir l’union de nos membres séculiers avec l’Ordre, et leur désir de s’approfondir dans notre spiritualité. Les rencontres avec le visiteur ne sont pas toujours faciles, à cause des distances ou pour d’autres circonstances; et cependant les supérieurs des Provinces et communautés font de leur mieux pour les rendre possibles.

 Il s’agit d’une réalité multiforme, difficile à cerner. Mais si les réalisations sont diverses, on relève en général la nécessité d’une formation rénovée, pour que la vocation au Carmel Séculier  soit comprise comme une option de vie, un engagement chrétien sérieux inspiré du charisme et de la spiritualité du Carmel thérésien, tel qu’il est possible d’en vivre dans la condition laïque. Le Délégué Général a bien vu que, dans l’impossibilité de tout mener à bien personnellement dans les communautés, son devoir était d’orienter ses efforts vers la formation et l’animation des assistants. Car la mission de ces assistants, tout comme la nôtre à notre niveau et en collaboration avec eux, est de promouvoir la formation et la corresponsabilité des laïcs eux-mêmes, dans tous les éléments de leur vie carmélitaine séculière.

11. Les relations avec l’O.Carm. 

 Nos relations avec nos Frères de l’O.Carm sont en grande partie conditionnées par la diversité des circonstances selon les régions. Je crois pouvoir affirmer sans risque d’équivoque qu’en Amérique latine ces relations sont sans doute plus efficaces, vu le dynamisme dont fait preuve la Commission bilatérale pour l’organisation des initiatives et des activités communes. Au niveau du Définitoire, nous maintenons  les relations inaugurées sous le Généralat du P.Camilo Maccise. Nous nous retrouvons donc deux fois par an dans l’une ou l’autre des Maisons Généralices, pour traiter certaines questions d’intéret commun, et finalement partager le repas.

 L’un des fruits notables de notre collaboration, c’est le dictionnaire carmélitain auquel nous travaillons depuis plusieurs années, et qui va certainement voir le jour en 2006.

 De la célébration du centenaire de la Règle primitive, j’ai déjà parlé.

 D’ailleurs j’ai bien l’impression que cette collaboration ne gagnerait pas à être forcée. Qu’elle reste plutôt ouverte, prête à répondre opportunément aux besoins et aux réalités objectives.

12. Les Missions 

 L’Ordre est aujourd’hui plus que jamais répandu dans des pays différents, des cultures différentes, chose qu’on pourrait dire en toute vérité de l’Eglise comme telle. Ce fait, qui constitue pour nous un motif d’espérance et de joie, est un fruit de l’ouverture missionnaire. Et ce ne sont plus seulement, comme autrefois, les Provinces européennes, mais aussi les Provinces des Etats-Unis, de l’Inde, et plusieurs religieux d’Afrique, qui prennent maintenant part à la mission “ad gentes”.En Inde, nous voyons même les premières tentatives de dialogue interreligieux avec expérience de vie dans tel ou tel Centre de spiritualité. 

 Tous nous savons à quel point la mission pénétrait l’âme de N.M. Ste Thérèse; elle appartient donc maintenant à l’âme du nouveau Carmel, qui renaît de son expérience du Christ, et de l’Eglise, et de l’humanité. Ainsi la ferveur missionnaire de l’Ordre témoigne-t-elle de sa propre ferveur intime. Par conséquent, nos missionnaires peuvent avoir conscience d’être une expression et une réalisation du charisme, d’être envoyés et accompagnés par l’Ordre entier. Car l’esprit de N.M.Ste Thérèse ne se prête à aucun repliement isolationniste. C’est pourquoi je suis persuadé que dans la formation, c’est-à-dire dans la transmission de notre vocation, l’esprit missionnaire doit occuper une place plus centrale, plus fervente. Aussi je profite de cette rencontre de l’Ordre pour exprimer, au nom de tous, notre reconnaissance à nos missionnaires pour leur générosité. Et pas moins , pour sûr, à nos Soeurs Carmélites, qui ont été si souvent des pionnières, en fondant si courageusement des Carmels dans les territoires de missions.

Santiago du Chili, septembre 2005 

Luis Aróstegui, OCD
Préposé Général

     
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