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Dámaso Zuazua, ocd, Secrétaire

Maison de spiritualité OCD

d’Amorebieta-Larrea, Province de Navarre, Espagne
  Du  26 de février au 1er  mars  2007

 

Théologie du développement humain dans la mission

Antoine Marie Zacharie Igirukwayo, O.C.D.


Larrea: Casa di Spiritualità

 

    Le titre de la réflexion en détermine la méthode et en trace les lignes fondamentales. L’adjectif «humain» qui qualifie le substantif « développement » indique que notre thème abordé n’est pas un développement entendu seulement dans son sens économique, mais plutôt dans le sens qui tient compte de l’intégralité de la personne humaine. Ce sens rapproche le concept de « développement » à celui de « promotion humaine ».

Avant le génitif « du développement humain », il y a le nominatif « théologie ». La « théologie », y compris quand elle est appliquée à des réalités et dynamiques terrestres comme le développement, exprime un mode de comprendre et d’expliquer celles-ci en partant de leur rapport à Dieu et de ce que Dieu manifeste et communique à leur propos. Tout discours théologique doit être un « parler de Dieu » qui part de l’écoute de Dieu lui-même, qui devient un témoignage de la foi en lui et d’une intelligence en recherche d’une foi plus consolidée et communiquée, en communion avec la communauté croyante, l’Église.

Donc, la présente réflexion ne sera pas orientée en perspective horizontale comme s’il s’agissait d’une optique de sciences humaines telles que l’économie ou la sociologie, mais l’analyse des aspects considérés puisera du regard sur Dieu, sur ses œuvres et sur sa Parole réalisée définitivement dans la figure de Jésus Christ, toujours vivant au milieu des siens rassemblés en Église, à travers laquelle lui-même continue la mission à lui confiée par le Père dans la puissance de l’Esprit-Saint (cf. Ad Gentes 2-6).

 

Sur cette toile de fond, la première partie ébauchera quatre questions fondamentales pour la mission.

- 1. Le Dieu à connaître, à aimer et à annoncer : « un mais pas seul » (Trinité des personnes), révélé comme « Communion d’Amour absolu », contemplé « se manifestant » à l’humanité dans une histoire spécifique de révélation, de salut et d’alliance. L’intelligence chrétienne des réalités terrestres (la création, la dignité de la personne humaine, la mission de celle-ci dans le monde, etc.) découle de la réponse à cette première question théologique.

- 2. La personne de Jésus-Christ est la figure unique et universelle, critère d’intelligibilité de l’union entre le divin et l’humain : et ce, à travers son aspect messianique spécifique, l’union hypostatique du divin et l’humain en lui, sa médiation absolue du salut, la splendeur de sa révélation accomplie dans le mystère pascal qui projette son œuvre salvifique dans l’actualité de tous les temps tendue vers sa plénitude eschatologique (Ad Gentes 9).

- 3. La vision chrétienne de la personne humaine et de l’unité de l’humanité : création et appel à être fils adoptifs dans le Christ, « Verbe fait chair »; fraternité universelle basée sur une ontologie de communion de tous les êtres humains dans la mesure où chacun constitue un nœud de relations verticales et horizontales, participant à la même vie de Dieu dans le Christ. De ces deux aspects (vocation filiale et fraternité universelle) dérive le devoir de défense des valeurs morales qui en résultent : droits de l’homme, justice, paix, solidarité, « respon-sabilité » face à Dieu et à l’humanité, jamais sans Dieu et sans les autres pour la sauvegarde de toute la création.

- 4. La vision du Règne de Dieu à proclamer dans son double aspect actuel et eschatologique, objet de la mission du Christ et de ses membres dans l’Église évangélisatrice (EN 6-16; RM 13), promeut l’annonce du salut intégral de l’humanité (cf. PP 6, 14) sur la base du principe de compénétration de la cité terrestre et la cité céleste (GS 40; PP 12-13) qui guide la présence de l’Église ainsi que son action à la lumière de la charte du Royaume (Mt 5–7) et du précepte des deux commandements de l’amour de Dieu et du prochain articulés entre eux (Mt 22, 34‑40; cf. RM 15), précepte grevé d’une portée d’efficacité selon les exigences de la justice (cf. RM 37) et des implications morales du jugement dernier (Mt 25, 31–46).

 

La deuxième partie sera une esquisse de quatre principes qui guident de manière particulière la théologie du développement humain dans la mission, selon la ligne méthodologique indiquée par le Concile Vatican II.

- 1. Jésus-Christ est le principe stable et le centre permanent de la mission que Dieu lui-même a confiée à l’homme (RH 11).

- 2. Le principe de la « théanthropie » christocentrique : « par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni Lui-même à tout homme » (GS 22).

- 3. « L’homme, dans la pleine vérité de son existence, de son être personnel et en même temps de son être communautaire et social… est la première route que l’Église doit parcourir en accomplissant sa mission » (RH 14).

- 4. Le principe de compénétration entre évangile et vie, entre évangélisation et promotion humaine : « Entre évangélisation et promotion humaine - développement, libération - il y a en effet des liens profonds » (EN 31). La ligne méthodologique demeure celle indiquée dans la Gaudium et spes : scruter les signes des temps et les interpréter à la lumière de l’évangile (GS 4).

 

 

 
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Updated 31 mar 2007 by OCD General House
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