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Missionary news

News   -  09  ( 22.12.2005 )
 

Mission et Spiritualité en Colombie

Dámaso  Zuazua,
Secrétaire Général des missions

 

Les Missions carmélitaines  s=étendent sur diverses aires géographiques: Afrique, Asie, Amérique  Latine, Europe de l=Est, etc.. Elles se développent en des contextes bien différenciés, doivent vivre et s=insérer dans les situations les plus diverses, parfois dans des conditions d=urgence où elles réalisent leur effort d=inculturation. Ceci toujours dans l=engagement pour un meilleur service de l=Eglise et de la société nécessiteuse. La Mission nous oblige à penser aux autres. La Mission, unie à l=Oraison, est l=élément le plus fort pour la vitalité de l=Ordre.

Cette fois, nous atterrissons sur le sol de Colombie. La réalité missionnaire carmélitaine   classique de ce pays fut, dans le passé, la Préfecture Apostolique d=Urabà (1918-1941), chez les indigènes caribes et  kunas, dans le golfe de Darién. Aujourd=hui nous avons, depuis 1954, le diocèse de Tumaco, sur la côte méridionale du Pacifique, dont l=évêque est le carme Mgr Gustavo Giron Higuita. Mais on voit déjà naître un nouvel élément dont il nous faut parler.

 

Département de Boyacà

 

Le plus intéresssant chez les Boyaciens, c=est leur manière de parler l=espagnol, avec une saveur et un accent incomparables: la tournure emphatique de Su Merced, par exemple, ou l=adverbe harto,... On croit retrouver l=espagnol des temps de Ste Thérèse. Cette région se situe au centre du pays, dans la Cordillère orientale des Andes. Son extension est de 23.189 km2, et sa population s=élève à 1.200.000 habitants approximativement, groupée en 266.000 foyers et 289.000 habitations. L=administration est répartie en 123 communes, 123 municipalités. La capitale du Département est la ville de Tunja. Les ressources vitales proviennent de la production agricole et de l=élevage, ainsi que des mines de charbon, de chaux, d=argile, de fer, d=émeraude et de pétrole. D=où l=importance de l=industrie sidérurgique et du commerce. à quoi s=ajoute le tourisme, et depuis quelque temps les nombreux ateliers.

La population indigène s=élève à peine à 2.000 personnes, qui appartiennent à l=ethnie des tubenos. Le Département dispose de 35 hôpitaux, 3 cliniques, 37 centres de santé, 186 postes d=assistance sanitaire, avec 254 médecins relevant du secteur officiel, plus 2.403 centres d=assistance de l=Institut colombien pour le Bien-être familial. Les foyers alimentés en eau représentent 61,5% de l=ensemble, tandis que 40,3% disposent d=égoûts et 87,7% reçoivent l=électricité. Si bien que la population nécessiteuse, considérée comme pauvre, représente 46,8% de l=ensemble. Quant à la proportion d=analphabètes, elle peut atteindre environ les 15,75% des gens de plus de 15 ans.

Parlons de son histoire ancienne. D=après les Indiens muiscas qui habitaient la région, c=est ici qu=il faudrait situer les origines de l=homme, avec le paradis terrestre. Selon leur tradition, Bachué et Bochica (Adam et Eve) se baignaient tranquillement dans les eaux de la lagune d=Iguaqué. Dans la suite des temps, il y a 2.500 ans, les  indigènes  établirent ici, sur les pentes de Monquira, un sanctuaire mythique au Dieu-Soleil. On a d=ailleurs réussi à sauver plus de 50 colonnes de ce temple colossal. Ils construisirent aussi un observatoire astronomique, profitant de la pureté de leur ciel, tant de jour que de nuit. Dans la contrée, on a  même découvert un cronosaurio fossilisé, de 280 millions d=années. Il est de fait que de nombreux fossiles, grands et petits, abondent à fleur de terre, ce qui nous offre une région paléontologiquement exceptionnelle.

 

Mais parlons de la population emblématique. Il s=agit de ...

 

Villa de Leyva

 

A moins de 200 km de Bogota, à 2.145 m. d=altitude au-dessus du niveau de la mer, ce lieu historique boyacien apparaît enchanteur, ensorceleur, attrayant: un Alutin@, dirait F. Garcia Lorca... La ville fut fondée en 1572 par Andrés Diaz Venero de Leyva, qui lui donna son nom. Ici nous retrouvons la splendeur et le modèle le plus représentatif de l=art colonial de toute la Colombie. C=est une ville de 7.000 habitants, avec un style parfaitement unifié pour ses maisons originales ou restaurées: murs blanchis, balcons et fenêtres peints en vert; aucun édifice ne s=écarte du type général. De même si l=on pénètre dans les patios intérieurs, qui sont profonds et variés de façon inimaginable. Les rues et les places sont empierrées: d=où cette harmonie dont la simple vue est apaisante. Et si Villa de Leyva  fut en son temps un lieu de repos pour les vice-rois d=Espagne, elle est devenue aujourd=hui un rendez-vous de tourisme séduisant. Cette ville s=étend vers la plaine, au pied d=un mont dénudé. Avec de tels présupposés, on s=explique facilement le développement de l=artisanat local.

Au début de la République de Nouvelle Grenade, les protagonistes de l=indépendance sont passés par ici: Bolivar, Nariño, Caldas, Fernàndez Madrid...C=est ici que le Conseil ou Assemblée de la République se réunit en 1812 pour affirmer la souveraineté de l=actuelle République de Colombie.

 

Sans prétention, nous pouvons dire que Villa de Leyva est l=une des villes les plus carmélitaines du monde. Le monastère des Carmélites Déchaussées date de 1645. Ses reliques les plus précieuses sont un tableau marial de Mamà Linda Renovada et la statue de la Vierge du Carmel appelée la  AMechudita@, à cause d=une mèche de longs cheveux qui lui tombe sur les épaules. Leurs fêtes respectives sont légendaires, avec leur saveur bien marquée de religiosité populaire. Mais c=est surtout par la présence de ses 25 moniales, que le couvent révèle sa vitalité. Avec la participation d=une autre communauté tout aussi nombreuse, le Carmel colombien est aujourd=hui en mesure d=aborder une nouvelle fondation missionnaire, telle que celle de Grand Bassam, en Côte d=Ivoire (1991). Les intéressées peuvent déjà prendre note pour une autre nouvelle implantation ou une aide ponctuelle à Riga, par exemple (Lettonie), ou en quelque autre endroit de la géographie carmélitaine.

Tout en face, nous trouvons le couvent des Carmes de Colombie. Des instances répétées de leurs Soeurs en religion obtinrent que les Carmes installèrent ici leur première maison en 1911.  C=est le couvent historique du Noviciat. La beauté de ses vérandas, couvertes d=une flore exubérante, reflète bien la prospérité actuelle, avec ses cinq novices. De plus, le couvent a aménagé un musée carmélitain particulièrement intéressant.

Tout au bout de la propriété qui se prolonge à flanc de colline, se trouve l=hôtel-pension ADuruelo@. Sa construction par les Carmes a contribué efficacement au développement hôtelier de Leyva et à sa réussite touristique actuelle. Et ceci devient une source d=emplois pour la population. Ici nous avons un vrai lieu de repos pour l=esprit, un endroit pour rencontrer Dieu dans la détente et la beauté. Aussi son rendement économique contribue-t-il à couvrir les frais de formation des jeunes Carmes colombiens. L=architecture a été assurée avec talent, combinant magistralement l=espace, la vue et le ciment. Avec sa capacité de 380 places, son   infrastructure très vaste de salons, salles et restaurants, il constitue un lieu de choix pour les réunions et les congrès, dans une ambiance détendante et magnifique, entre les fleurs et la forêt tropicale.

 

La fondation ASainte Thérèse d=Avila@

 

De qui faudrait-il parler pour commencer ? Du grand St Joseph, ou du P. José Arsesio  Escobar ? Le fait est que le Patriarche de Nazareth travaille ici sans repos. Il est vrai qu=on l=invoque avec insistance... pour tel ou tel miracle. Quant au P. José Arsesio Escobar, c=est un Carme colombien doué d=un talent rare pour convertir les songes et les utopies en réalités... avec la complicité de Anotre glorieux Père St Joseph@. L=épithète prend son origine dans l=expérience de Ste Thérèse (Vie 36,5), mais il est évident qu=elle se retrouve maintenant dans le travail missionnaire de Villa de Leyva.

 

José Arsesio Escobar a fait ses débuts dans une pastorale difficile et particulièrement risquée, compromettante à l=extrême, durant sa conventualité à Sonsòn, pour le secours des prostituées et des enfants violés. Aujourd=hui, l=oeuvre missionnaire de Villa de Leyva, c=est la fondation ASanta Teresa de Avila@. Ses premiers commencements remontent à 1995, quand  la communauté des Carmes entreprit un effort de contact et de solidarité avec les familles pauvres du village de la ACañuela@, à 7 km du centre de la ville. Il s=agissait alors d=aider les habitants à construire leurs propres maisons. Plus tard, une fois devenu Maître des novices en 2.000, le P. José Arsesio s=arrangea pour que les novices aient des contacts avec les pauvres durant leur temps de formation. Dans cette intention, ils entreprirent ensemble un travail avec la population de la campagne. Ainsi furent construites deux nouvelles maisons qui vinrent s=ajouter à celles déjà existantes à  la ACañuela@. Chaque groupe de novices construisait une nouvelle  maison, ainsi qu=un salon pour la maison commune, et procédait à quelques aménagements pour améliorer les conditions de vie de l=ensemble.

Mais la distance provoquait une grosse difficulté. Aussi la communauté décida-t-elle d=acheter un bloc de terrains dans le voisinage du noviciat. C=est alors que fut créée la fondation ASte Thérèse d=Avila@ en 2.003. Puis la Province carmélitaine de Colombie assuma la responsabilité de l=oeuvre, avec l=approbation de Statuts propres le 4 octobre 2.004. Une autre approbation fut d=ailleurs accordée par l=évêque du diocèse de Chiquinquirà... Si bien que la fondation est maintenant une entité juridique, avec personnalité ecclésiastique. Suivant les voies que le Seigneur a ouvertes, et l=intervention de St Joseph, le terrain a pu être acheté. Les parcelles se trouvent à un km du centre du village. Et l=oeuvre sociale en faveur des pauvres a pu s=initier. Tout d=abord, ce fut l=achat du fer pour la construction, avant que celui-ci voie monter son prix. Un centre d=assistance sanitaire fonctionne déjà. Une maman échappée à la violation de ses enfants se charge de veiller sur les terrains. Un centre de formation pré-scolaire  fonctionne également, avec 70 enfants confiés à 5   responsables pour leur éducation, mais aussi pour leur alimentation et pour l=accompagnement nécessaire aux parents. On a finalement obtenu une ligne électrique et une extension téléphonique.

Sur les mêmes lieux, on travaille à l=édification de Al=auberge de St Joseph@, c=est-à-dire la maison des anciens, avec 16 pensionnaires (pauvres, abandonnés ou malades), et un service d=assistance quotidienne à 30 personnes anciennes. A l=étage supérieur est aménagée la résidence des Soeurs chargées d=animer le centre. Après la chapelle commune, où  l=adoration perpétuelle du T.S. Sacrement sera maintenue fidèlement,  il y a   le centre de spiritualité, qui constitue un endroit apte aux retraites, récollections, journées de prière... Parmi les projets, notons encore un lieu de contemplation, des ateliers d=artisanat local, un musée de fossiles susceptible d=attirer les visiteurs en les intéressant à notre oeuvre... Mais surtout, on souhaite poursuivre la travail d=aménagement de l=habitat, moyennant la construction, dès que possible, de 20 nouvelles maisons pour des familles pauvres ou isolées.

Toute la ville suit avec attention et impatience les réalisations d=un projet si audacieux. A la fin des messes dominicales, on a pris l=habitude de mettre en vente des petits sandwichs, du vin, du café, et toutes sortes de friandises. Et le bénéfice de la vente constitue une contribution populaire à la fondation. La note dominante entre les employés, les travailleurs et les collaborateurs volontaires est aussi l=esprit de famille. D=ailleurs le réseau des collaborateurs et des bienfaiteurs est organisé avec soin. La fondation ASte Thérèse d=Avila@ est une oeuvre charismatique, une oeuvre de la Providence.  Tous ceux qui s=y consacrent le font dans un esprit d=unité et de gratuité, comme c=est le cas de D. José Montoya et de Dña Inés.

 

Le Carmel Apostolique Notre-Dame de Bethléem

 

Tel est le titre d=une de nos Congrégations carmélitaines. Celle-ci fut fondée en 1852 à Nantes (France), grâce au charisme du prêtre Gilbert Bauduz et d=une tertiaire séculière,Marie Guillet. Comme Institut de Droit diocésain, il a toujours maintenu un esprit carmélitain très marqué. Avec naturel et discrétion, il offre une attention toute maternelle aux enfants traumatisés par leurs problèmes et à leurs familles. Suivant certains signes non équivoques de la Providence, cette communauté se sent appelée à  incarner l=âme de la fondation ASte Thérèse d=Avila@ à Villa de Leyva. Là, sa tâche sera multiple; à partir d=une animation religieuse de l=oeuvre spirituelle et sociale du centre, elle pourra étendre son influence aux villages accessibles dépourvus de toute attention sociale et religieuse. Tant il est vrai qu=un programme d=attention religieuse, humanitaire et promotionnel ne souffre pas de limites.

Pour la Congrégation, ceci constitue le premier pas hors de France, la première insertion missionnaire. C=est donc toute une aventure. Mais la fondation ASte Thérèse d=Avila@ elle-même n=est-elle pas née de foi pure et ne grandit-elle pas dans la foi ? Par conséquent, c=est dans la seule foi que les Soeurs -n=ayant jusqu=à présent aucune expérience de vie internationale- affrontent cet énorme défi. Pour elles, c=est un chapitre nouveau qui s=ouvre, une innovation dans l=histoire de la Congrégation.  Pourtant les trois ou quatre Soeurs qui vont arriver en septembre prochain sont toutes disposées à affronter l=avenir. Le fait est qu=à la fondation ASte Thérèse d=Avila@ il manquait encore une communauté de la trempe des Soeurs du Carmel Apostolique Notre-Dame de Bethléem.

J=ai dû accompagner moi-même la Prieure Générale et sa Soeur Vicaire pour une visite de prospection. Or, à travers l=accueil de toute la famille carmélitaine de Colombie, les contacts avec les personnes privées et les groupes ecclésiaux, nous avons trouvé partout l=intéret le plus enthousiaste, dans l=espoir de voir les Soeurs assumer dès que possible leur mission au sein de la fondation. Déjà elles sont considérées comme les garantes d=un bon  fonctionnement. Et voilà une constatation qui ne pouvait que stimuler les Soeurs concernées. De son côté, l=évêque, Mgr Luis Felipe Sanchez, voit en elles un véritable pont jeté pour un avenir de jumelage entre le diocèse de Chiquinquirà et celui de Nantes.

 

Tout ceci est un apport missionnaire à l=Eglise d=Amérique latine. Tout se présente comme une réponse à la remarque du document de Puebla (1979): ASi l=Eglise n=arrive pas pour réinterpréter la religion du peuple latino-américain, on verra se produire un vide que viendront remplir les sectes, les messianismes politiques sécularisés, et ce consumisme qui finit par engendrer le dégoût, l=indifférence, et le pansexualisme païen...@ (n. 469). Or la fondation ASte Thérèse d=Avila@ est pensée pour les âmes et pour les corps, pour le peuple des défavorisés. Misssion avec Spiritualité: telle est bien sa caractéristique ici, à Villa de Leyva, à un kilomètre du centre. Aussi je termine en répétant ma conviction: cette oeuvre née de la foi se développe dans la foi. C=est une oeuvre bénie de Dieu pour ce qui touche à son avenir. Et dans la meilleure note thérésienne, tout comme à la meilleure époque de la fondation d=Avila, St Joseph s=y trouve engagé comme un protecteur vigilant.

 

 

     
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Updated 23 dic 2005  by OCD General House
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