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Missionary news

News   -  12  ( 03.05.2006 )

Une vie pour l=Afrique
Marcellino Forcellini,
missionnaire incombustible au Congo

Dámaso  Zuazua,

Secrétaire Général des missions

 

Le P. Marcellino Claudio Forcellini a le privilège d=accumuler plusieurs singularités. Né à Paris le 6 décembre 1930, il est citoyen de la République de Saint-Marin, et aujourd=hui l=unique Carme de ce minuscule état indépendant. Canoniquement, il appartient à la Province de Rome. Pour ses 76 ans, le blason qui l=honore le plus est d=être missionnaire depuis 38 ans dans la République Démocratique du Congo. Dans la paroisse ANotre Père@ à Kananga, mais aussi à Kananga-Ntambwe, Kinshasa, Bukavu, Lubumbashi, il a travaillé comme fondateur, curé ou responsable, avec souvent plus de peine que de gloire. Mais en toute situation, il est resté un travailleur infatigable, indifférent à sa propre personne. Il est aussi à l=origine du service d=animation des vocations indigènes du Congo pour le Carmel, qui sont nombreuses et prometteuses. Il a défié plusieurs conflits politiques auxquels il a survécu, il a surmonté les pénuries économiques, les difficultés de santé... De combien de malarias a-t-il  guéri ?  Qui pourrait dénombrer ses diarrhées, ses attaques d=amèbes,  ses fièvres aiguës et tant d=autres maux ? Mais pour lui, l=important est de servir, et servir généreusement. C=est bien pour cela qu=il semble fait de fibre incombustible, tout comme ces grands arbres  baobab  de l=Afrique mythique. Aussi l=histoire  missionnaire chante-t-elle déjà ses gloires, tandis que son nom s=inscrit au livre définitif de la Vie.

 

Tout récemment, ce dernier 9 mars, le République adriatique, celle qui lui accorde le passeport  national, lui a conféré un prix. En effet, la AEnte Cassa di Faetano@ a voulu sélectionner deux noms prestigieux parmi les San-Marins vivant dans leur patrie ou à l=étranger: le Professeur Luciano Maiani, célèbre chercheur en physique et directeur général au CERN à Genève, c=est-à-dire au plus important laboratoire de physique du monde,  et notre cher P. Marcellino. Son mérite, s=il faut en croire la raison  invoquée, réside dans Asa vie tout simplement grande, consacrée au service des pauvres, et constituant un exemple remarquable de gratuité, dans la ligne de la plus noble tradition de Saint-Marin@.

 

La remise de ce prix ASaint-Marin@ eut lieu, pour la partie la plus importante, au théâtre ANuovo di Dogana@. Ce théâtre prestigieux d=activités médiatiques, esthétiques et artistiques, rassembla pour l=occasion, autour des deux ACapitaines-Régents@ de la République, les diverses autorités civiles et politiques. Tout s=effectua dans un vaste déploiement médiatique. La salle était abondamment décorée de fleurs. L=inspiration artistique parvint à son sommet avec le concert offert au piano par le compositeur Michael Nyman. Le prix accordé consistait dans la remise d=une certaine somme d=argent et d=un ouvrage sculpté réalisée en exclusivité par le maître Arnaldo Pomodoro. Un video fut projeté dans la salle, évoquant certains moments de la vie missionnaire du P. Marcellino. Puis vint un moment d=émotion intense, quand le journaliste Sergio Barducci se mit à interwiever en direct les deux héros du jour, et que nous avons pu écouter les réponses de notre missionnaire. C=étaient toutes les Missions carmélitaines, tout l=esprit missionnaire de l=Ordre, qui se voyaient récompensés en ce moment.

 

Notre historique missionnaire se trouvait accompagné par sa famille Forcellini, par ses Frères Carmes de la Province romaine autour de leur P. Provincial et de quatre ex-missionnaires du Congo. Etaient également présents quatre Carmes africains actuellement en résidence à Rome, tous anciens disciples du P.Marcellino,  ainsi que le Secrétaire général des Missions carmélitaines, lui-même collègue autrefois du même P. Marcellino dans ce qu=on appelait alors le Zaïre. Jamais la République de Saint- Marin n=avait vu tant d=habits du Carmel sur son territoire.

 

La concession d=un prix aussi prestigieux n=empêcha pas le Père de répondre avec la plus grande simplicité, avec surtout la plus profonde conviction:

 - P. Marcellino: es-tu satisfait de cette distinction ?

 - Bien sûr que je suis content! Pas tellement pour ma personne, mais bien plus pour la cause et l=idéal missionnaire du Carmel. Qu=on sache reconnaître dans le monde d=aujourd=hui le mérite d=une vie dépensée et offerte en faveur des pauvres, aux côtés des plus défavorisés de la société, voilà qui est positif. C=est un encouragement, un appui moral pour le missionnaire lui-même, quelque chose qui le stimule à se donner avec plus d=ardeur encore. Et c=est aussi un encouragement pour notre société opulente et matérialiste, pour l=engager à  viser à des valeurs plus élevées que celles de son propre bien-être et de son égoïsme. Mais je remercie également pour l=importance économique du prix qui m=est accordé. Ce geste de reconnaissance apporte ainsi son aide aux oeuvres de la Mission.

 - Ce prix te suggère-t-il quelque bref commentaire ?

 - Tout d=abord, je n=y croyais pas. J=imaginais quelque plaisanterie de la part d=un ami de mon pays, Saint-Marin. Effectivement, c=est un ami qui fut le premier à m=appeler. Mais ensuite je reçus la confirmation officielle; alors je fus obligé de croire, et j=acceptai. En pensant toutefois: comment ont-ils pu faire attention à moi ? Comment se sont-ils rappelés de quelqu=un qui vit dans   les savanes du Congo ? Et j=ai pensé à tant d=autres missionnaires, aux pauvres que je connais et que je fréquente. Ils sont si peu, les missionnaires vraiment reconnus par les autorités du monde ! Oui, ce prix est un geste de reconnaissance pour le travail de tous les missionnaires, dont beaucoup sont plus méritants que moi.

 - Comment donc est née ta vocation missionnaire ?

 - Tout jeune, au séminaire carmélitain de Montecompatri, à la lecture des récits de missionnaires. Mais jusqu=à mes 38 ans, avec mes responsabilités au Conseil provincial et ma charge de Maître des Novices, je ne pensais plus aux missions. En 1968, quand notre Province romaine reçut une proposition pour une Mission au Congo-Kinshasa, mon nom n=était pas sur la liste des pionniers. Mais un des missionnaires désignés s=étant retiré au dernier moment, le P. Provincial me dit (c=était la veille de la fête du Mont-Carmel): ALa Vierge te fait une grande grâce...C=est de partir comme missionnaire au Congo.@ Je restai tout surpris, avant de répondre:  ATu as dès maintenant ma réponse:  Je suis disposé...@ C=est alors que ma vie a changé de direction. Cependant mes compagnons me croyaient incapable de tenir bien longtemps, ma santé leur semblant trop fragile.

 - Quelles furent tes premières impressions au Congo, en 1968 ?

 - Aujourd=hui, l=Europe est multi-raciale. Mais à l=époque, atterrir à Kinshasa me fut une énorme surprise, à voir la couleur noire de la foule. J=avais l=impression de plonger dans une mer de personnes noires. Mais je fus aussi impressionné à découvrir la gentillesse toute simple des enfants, dès qu=on leur sourit. Tous demandaient quelque chose, mais leur simplicité, leur joie, étaient séduisantes.

 - Dis-nous donc le moment le plus difficile ou le plus douloureux, au long de ces 38 ans.

 - Certainement l=assaut et le saccage complet de notre maison du Noviciat de Kananga en 1993, le 29 novembre. De grâce, ne m=en demandez pas plus de détails...

 - Et .. .ta plus grande joie ?

 - C=est chaque fois que je vois un enfant dont le visage s=épanouit et s=illumine d=un beau sourire, en réponse au peu que j=ai pu faire pour lui. 

 

Les moyens de communication devraient savoir qu=il est toujours possible de découvrir un missionnaire vraiment donné, et sans la moindre ambition de protagonisme. C=est grâce aux missionnaires de cette trempe, que la vie de nombreuses personnes peut être soulagée.

 

     
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Updated 04 mag 2006  by OCD General House
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